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POURQUOI L'AVENTURE AU PAIR NOUS FAIT "GRANDIR"

J’ai 25 ans.

Et quand on a 25 ans, qu’une nana nous dit que l’aventure au pair va nous faire grandir et tout le tralala, on n'y croit pas vraiment. Parce que l'on pense bêtement que l'on a déjà vécu beaucoup de choses dans notre vie et que ce n'est pas une année en tant que jeune fille au pair qui fera la différence.

Enfin je dis “on”... mais je parle de moi. Parce que oui, c’est ce que croyais (vraiment à tord je vous l'accorde) avant de partir. Je pensais même que j’allais “régresser” pour être honnête. Shame on me.

Dans ma tête c'était un truc du style : “non mais j’ai un master 2 en poche, je suis prête à décrocher un poste à responsabilité, j’habite seule depuis 6 ans, je suis super mature…. je ne vois pas comment le fait de garder des enfants pendant une année et vivre à nouveau dans une famille pourraient me faire grandir”.

Mais cela ne m'a pas empêché de partir pour autant (rire).

 

Bon et puis du coup, vous l'aurez compris... je me trompais. Et pas qu’un peu l'ami !

Ps : Souvenez-vous bien de cette phrase car je ne dis pas souvent que j’ai tord… Je suis bélier (l’excuse facile - rire).

 

Mais laissez moi vous expliquer comment, même le quart de siècle passé, cette aventure continue bel et bien de me faire grandir, de me rendre plus mature, plus "adulte"... Oui, une meilleure version de moi même se dessine mes frenchies. 


1.

Pour commencer, je dirais que le fait de m’occuper de 3 jeunes enfants quotidiennement m’a fait basculer en un claquement de doigt dans une posture où je ne suis plus simplement responsable de moi et de mes petites histoires. Aujourd’hui 3 petits êtres (bientôt 4... oui oui) dépendent de moi pour rester en vie. Quand on y pense, c’est quand même fort non ? Bien évidemment, cela ne se résume pas au fait de les garder en vie comme l'avez stipuler mon host dans une interview (rire). C’est aussi essayer de contribuer d’une manière ou d’une autre à leur éducation et de s’assurer qu’ils soient heureux, en bonne santé, respectueux et qu'ils évoluent dans un environnement propice à la créativité et au bon développement personnel… C'est aussi redoubler d'imagination pour les tenir occuper chaque jour sans passer par la nounou de substitution... j'ai nommé : La Télévision.

Bref j’ai parfois le sentiment d’être une semi-maman de 3 enfants. J'insiste bien sur le "semi" car, d’une part Katie (ma host) est une maman extraordinaire et les enfants n’ont en aucun cas besoin d’une remplaçante, mais aussi parce que, le soir venu (mais aussi le weekend et les vacances) je me décharge de cette responsabilité et peut retourner à ma vie de "young & wild & free" célibataire et sans enfant... Et cela me va TRÈS bien !

 

2.

Ensuite, je dirais que le fait d’être loin de tous nos repères nous fait forcément grandir. Comme je le disais dans le bilan des 6 mois, je passe mon temps ici à découvrir et à vivre de nouvelles choses. Ces nouveautés, et donc par conséquent la nécessité de devoir s'adapter, viennent s’ajouter à ma mémoire et à mon expérience et c'est en cela que cette aventure nous fait aussi mûrir rapidement. Alors bien sûr, pas besoin de partir si loin ou de devenir jeune fille au pair pour acquérir de l’expérience... mais disons que c’est beaucoup en une seule année. Je ne sais pas si vous comprenez ce que je veux dire... (je fais de mon mieux je vous assure - rire).

Pour faire simple, c'est ce que j'aime appeler "l'école de la vie". On apprend en vivant des choses, et une année comme celle-ci, est une année où l'on vit BEAUCOUP de choses. 

 

3.

Pour compléter cela, je dirais que l’ouverture d’esprit est également un facteur clef dans l'acquisition de cette fameuse maturité. Disons qu'outre s'adapter aux situations, je suis obligée de m’adapter "aux autres" car ce n'est clairement pas les autres qui vont s’adapter à moi. Je suis l’étrangère ici, soyons clairs.

Alors bien sûr je reste moi, Lucile, jeune française, avec mes opinions, mes valeurs et mes principes… Mais grandir c’est aussi savoir affirmer sa position tout en essayant de comprendre celle d'autrui. Et ça, c’est le plus difficile. Apprendre également à apprivoiser une mentalité américaine avec tout ce que cela comporte...

Bref, ne pas se fermer et accepter que chaque individu est différent et que c'est aussi ce qui fait la beauté du voyage et la richesse de notre monde (c'est beau dit comme ça, non ?)

 

4.

D'ailleurs, comment parler d'"Aventure" sans évoquer le voyage ? Ce point rejoint un peu tout le reste mais disons que voyager seule dans un pays qui n’est pas le nôtre, c’est apprendre à se responsabiliser autrement, à clairement “se démerder”. (Si vous n'avez pas encore lu mes articles voyages, je vous invite à cliquer ici). Mais il faut le dire : très honnêtement, les voyages les plus galères sont aussi ceux dont on garde les plus beaux souvenirs (et aussi les plus drôles). Voyager dans ces conditions, c’est voir des choses incroyables et rencontrer des personnes inoubliables qui parfois (je dirais même, souvent) te font te questionner et changer ta manière de voir les choses. J'appelle ces personnes, "les voyageurs savants" (la fille qui romance tout  - rire). C'est aussi se rendre compte à quel point la vie est belle quand on sait regarder dans la bonne direction, et à quel point tout est possible avec de la volonté.

 

5.

Pour finir, j'aborderais bien un point un peu plus "perso" en revenant rapidement sur ma rupture. "Oh la relou" (rire)... Non sérieusement, je tiens à parler de cette rupture car elle fût une étape importante durant cette année d'au pair. Je pense que cette épreuve m'a fait beaucoup grandir également.("What? Elle a pété un câble la mère Lucile, quel est le rapport avec le schmilblick ?")

Explication : J'ai rencontré mon ex lorsque j'avais 19 ans, et nous avons passé 5 belles années ensemble. Nous avons pour ainsi dire "grandi ensemble". Ce qui fait que, selon un raisonnement made in me, nous nous sommes construits ensemble. Aussi, lorsque que je me suis retrouvée célibataire (et à l'autre bout du monde, par la même occasion) j'ai du apprendre à cesser d'exister à deux pour enfin me construire seule. Vous voyez ? Trouver mon vrai "moi", sans mon acolyte pour me compléter. Qui suis-je vraiment, seule ? C'est une question à laquelle j'ai appris à répondre cette année. Et je suis aujourd'hui plus épanouie que jamais.

C'est tellement important d'apprendre à être 100% soi, d'apprendre à être heureuse seule (aussi)... Bon je ne dis pas qu'il faut que vous quittiez tous vos chéri(e)s pour apprendre la joie du célibat, je ne donne que mon ressenti et un retour de mon expérience, six mois après ma rupture. Voilà tout.


Bon sinon, cela fait bientôt neuf mois que je suis ici.... Est-ce que quelqu'un peut ralentir un peu le temps qui passe, je ne suis pas du tout d'accord. 

Merci bien.


Bisous, 

Lucile

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Commentaires: 1
  • #1

    Flora (dimanche, 02 juin 2019 10:28)

    Vraiment top ton article. J’ai 26 et j’ai commencé le processus pour partir en tant qu’au pair! Ton article m’a complètement rassuré!
    Contente pour toi que tout se passe bien �

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